Les lectures parfumées d’Iris #2 Parfums, Philippe Claudel

Parfums

Ce que j’aime par dessus tout dans mon métier, c’est quand les gens me racontent leurs souvenirs liés au parfum, une sorte de « madeleine de Proust » en direct. Nous sommes en train de sentir une composition, chacun sa mouillette, à décortiquer l’odeur accord par accord, en silence. Au bout de quelques minutes, la tentation est trop forte, il faut que ça sorte… ça me rappelle… Du jardin de ma Grand-Mère, à l’éponge de l’évier, en passant par un voyage au Mexique, j’adore quand la personne en face de moi me guide dans les méandres de sa mémoire olfactive, partageant parfois des histoires très personnelles. Je trouve ça fascinant, émouvant parfois.

C’est la raison pour laquelle j’attendais beaucoup du livre de Philippe Claudel. Il nous propose non pas une table des matières mais une table des parfums: Acacia, Ail, Alambic, Amoureuses… scientifiquement classée par ordre alphabétique. Ayant décidé d’en faire mon livre de chevet, je voulais pouvoir l’ouvrir à n’importe quelle page et m’approprier ces souvenirs olfactifs. Cimetière, Station d’épuration des eaux, Goudron, Cannabis… Je me suis dit que le livre ne voulait pas de moi! J’ai persévéré mais le charme n’a pas opéré. Malgré tous les efforts de l’auteur à donner mille détails, les descriptions ne s’animent pas. La passion n’est pas au rendez-vous. Que les cornichons délivrent des senteurs prolétaires me parait bien conceptuel. Peut-être que ma mémoire olfactive n’a rien en commun avec un Lorrain né dans les années soixante? Étrange… Je crois plutôt qu’il ne suffit pas d’être membre de la prestigieuse académie Goncourt pour pouvoir écrire sur les parfums.

3 réponses à “Les lectures parfumées d’Iris #2 Parfums, Philippe Claudel

  1. Il a pourtant écrit des livres très bien (la petite fille de Mr Linh, le rapport Brodeck, les âmes grises…). Mais ces dernières productions m’ont beaucoup déçues.

  2. Ca y est, j’ai lu le fameux livre. Je n’ai pas été déçue car je ne m’attendais pas à quelque chose de formidable. Je n’ai pas accroché au bouquin. Je pense que cela ne peut plaire qu’à des personnes du même age que l’auteur ayant vécu leur enfance à la campagne. Cela leur évoquera sûrement des souvenirs. Quant aux autres, ma foi, peut-être des souvenirs de vacances et encore.

    • Ce qui est décevant c’est que les émotions ne passent pas. Au moins je ne suis pas la seule à ne pas avoir été enthousiasmée.

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